Jeudi 31 août 2006

Elle est tellement vivante, que notre langue prend des libertés, pour ne pas dire qu'elle s'affranchit de toutes règles orthographiques ou grammaticales.

Quelques articles de bloggeurs soulignent cet état de fait et j'ai l'impression de faire des redites, voire un rabâchage. Mais indépendamment des nombreuses abréviations, contractions, 'sms' de nos écrits au clavier, car je ne suis pas sûr qu'une lettre manuscrite utilise ces règles, le fait nouveau est que les salariés des entreprises ne savent plus rédiger  - le style - ni écrire sans émailler leur prose de tournures bizarres et de fautes en tous genres. Cela touche toutes les catégories, y compris des cadres supérieurs "bac ++", au point que l'on dispense des cours de rattrapage en entreprise avec des "coachs".

Le niveau de français des salariés est en baisse. (Les Échos du 20/03/06)
Des fautes d'orthographe aux erreurs d'expression orale, le phénomène n'est pas sans conséquences sur la carrière des salariés et sur l'image des entreprises.
C'est Molière qu'on assassine. Fautes d'orthographe, erreurs de syntaxe, verbes mal conjugués, style trop lourd, incohérence des phrases... En entreprise, la pratique quotidienne de la langue française ressemble souvent à un bricolage mal assuré. " Le niveau d'expression, écrit ou oral, est réellement catastrophique. Cela est vraiment inquiétant ", s'exclame Wilhelm Laligant, directeur général d'Advances Executive, cabinet de conseil spécialisé en recrutement. Les recruteurs, comme les DRH, l'affirment : il devient rare de trouver des salariés maîtrisant avec aisance et élégance le français. Tandis que l'expression orale est jugée très limitée, l'écrit reste le principal sujet de préoccupation.
Bernard Fripiat, coach d'orthographe et auteur d'un livre à succès sur le thème, brosse un portrait des erreurs les plus courantes. " Les conjugaisons ne sont pas maîtrisées. Les accords de genre sont oubliés. Quant aux participes passés, soit les gens ne savent pas ce que c'est, soit ils l'accordent au hasard ", relève-t-il. Un tableau quelque peu inquiétant, d'autant que ces déficiences concernent l'ensemble des salariés. " J'ai des lettres de candidature venant de diplômés d'HEC qui contiennent une faute toutes les deux lignes. Et, parmi les patrons, on peut aussi avoir des surprises ", assure Wilhelm Laligant.
(>>> suite de l'article  >>>
http://www.sauv.net/lesechos20060320.php)

Vous pouvez maintenant penser aux implications que cela représente pour les jeunes. Certains forums (forum.debian-fr.org, par exemple) annonce en gras "Français correct exigé", à la façon de "Tenue correcte exigée !". La percée des écrits "libres" est telle que nous trouvons sur le net des sites de ce genre :

Comité de lutte : Contre le langage sms et les fautes volontaires sur Internet : http://sms.informatiquefrance.com/index.htm

Ou plus encore, des offres pour un emploi en contact avec le public, qui précisent "le candidat devra posséder un français correct, parlé et écrit.".  Dur, Dur ...

Allez, je vais terminer cet article sur une note plus drôle, car je vous invite tous (pas pour diner chez moi, c'est trop petit !) à visiter le site qui est bourré de trouvailles de langage, avec des mots anciens, oubliés, argotiques, familiers et des expressions en tous genres.

http://www.lexilogos.com/francais_langue_dictionnaires.htm

En tout cas, je suis toujours ravi de vous lire, car on sent à travers les lignes les efforts faits pour rédiger correctement, et certains sont très doués...

PS. le premier qui me dit que j'ai fait des fautes dans cet article ..., je le ... heu... je sais plus, mais je le fait !!! 

mis en ligne 20:35

par lautremoi publié dans : le Quotidien
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Mercredi 30 août 2006

Je me suis laissé emporter par la diffusion du Don Juan de Molière (FR3) :

Dom Juan ou le festin de pierre de Molière, 1665.      
Distribution : Thierry Hancisse (Sganarelle), Igor Tyczka (Dom Louis), Andrzej Sewerin (Dom Juan), Florence Viala (Charlotte) 

Don Juan est un jeune noble vivant en Sicile avec son valet Sganarelle. Il accumule les conquêtes amoureuses, séduisant les jeunes filles de la noblesse comme les servantes avec le même succès, n'hésitant devant aucune manipulation pour arriver à ses fins. Mais seule la conquête l'intéresse et Don Juan délaisse les jeunes femmes dès lors qu'elles sont tombées amoureuses. C'est ainsi qu'il vient d'abandonner la belle Elvire juste après l'avoir épousée. Loin d'être pris de remords, il a déjà jeté son dévolu sur une autre beauté. Il entreprend de lui faire la cour, comme il sait si bien le faire. Un événement imprévu va amener Don Juan à se remettre en question.

Puis j'ai voulu finir sur celui de Mozart, le final de Don Giovanni, avec ce Commandeur dont la voix sortie des entrailles de la terre me fascine...

[ Désolé, mais cette vidéo n'est plus disponible sur YouTube. !
Le 05/02/2007, 100.000 vidéos ont été retirées du site suite à des problèmes de droits ]

 

La confrontation finale de Don Giovanni (Siepi) et du Commandeur (Ernster)
(Direction : Furtwangler)

mis en ligne ... tard, très tard...
mise à jour 05/02/2007...

par lautremoi publié dans : le Quotidien
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Lundi 28 août 2006

Un week-end de m***.
Un rythme à contre-courant. Je recommence à être insomniaque. Je vis la nuit et je dors toute la matinée pour me trainer encore l'après-midi. Je suis donc à contre-courant. Tout en décalage horaire, pire que si j'avais voyagé à l'autre bout du monde. Et en ce lundi matin, j'essaye de travailler de façon cohérente. Je suis crevé quand je m'endors et crevé quand je me lève. J'ai une tête de déterré. L'énergie d'une limace paresseuse. Je suis une chose qui n'a plus de nom ni de volonté. Un ectoplasme. Un fantôme sans ses chaines. Quel spectacle je donne à mon entourage. Certains doivent se demander si je ne me poudre pas le nez.

Ca me rappelle un mec qui habitait dans ma rue et qui abusait de substances illicites en poudre. On l'avait surnommé "Nez poudré". Faut dire qu'il sortait quelquefois sans s'être bien essuyé le pif. Toujours très cool, mais toujours dans un état effroyable. Pendant un temps il est devenu mieux sapé, avec une bonne mine, un tonus retrouvé : il avait une copine. Mais comme il n’a pas pu se passer de sa poudre, la copine est partie. Et "Nez poudré" est retombé à l'état d'ectoplasme.

Dans le même temps et dans le même coin, un mec avait accroché en permanence à sa rambarde de fenêtre au 4ème étage, le drapeau arc-en-ciel. Parfaitement visible de la rue, il fit couler beaucoup de salive, beaucoup d'interrogations et de conneries au Tabac du coin. C'est quoi ce drapeau ? Ca sert à quoi de le mettre autant en évidence ? Jusqu'au jour où les questionneurs surent ce que c'était. Les réflexions et les commentaires repartirent pour un tour. C'est honteux !... On est en république, non ? On fait comme on veut... Entre ceux qui fustigeaient le propriétaire du drapeau, ceux qui l'approuvaient pour faire chier les premiers et ceux qui prudemment ne prenaient pas parti, les discussions étaient chaudes. Mais personne n'avait vu le quidam en question. Et la polémique reparti sur les qui est t-il, le connaît-on, l'a-t-on déjà croisé, il doit avoir les cheveux décolorés..., il doit porter du rose, c'est sûr... Et pourquoi pas des plumes, pendant vous y êtes !... Là vous exagérez !.... La buraliste prudente ne répondait à aucune question de ses clients. Elle savait, mais ne disait rien. Inutile de vous décrire toutes les tenues que ce mec a endossées. A ce régime là, sa garde robe aurait pu alimenter un magasin de fringues et les tenues du Moulin Rouge !

Et puis un jour, plus de drapeau à sa fenêtre. Tout ce petit monde a imaginé qu'il était parti. Les imbéciles, pas du tout. Maintenant ils étaient deux et vivaient leur amour sans drapeau. Comment je sais tout ça ? Par mon marchand de journaux, bien sûr. Il me raconta la chose, en me disant "je ne le raconte pas à tout le monde, les gens sont méchants ". Et ce jour là il me donna mes 2 DVD dans un sac plastique publicitaire avec "Têtu" écrit en rouge et en énorme. J'étais mort de rire, parce qu'il donnait ce sac à tous ses clients pour trimbaler leurs revues. Si certains avaient su, en sortant l'air dégagé, qu'ils faisaient à leur insu de la pub pour Têtu, on aurait certainement assisté au lynchage du libraire.

mis en ligne 11:04

par lautremoi publié dans : le Quotidien
ajouter un commentaire commentaires (8)    recommander
Vendredi 25 août 2006

J'avais évoqué l'existence de mon blog devant Sébastien et il voulait savoir, lire, jeter un oeil. Aujourd'hui, je lui ai donné le lien. Et sa lecture a commencé. Maintenant que je sais qu'il va le lire, je me demande si l'écriture de nos faits et gestes ne va pas se modifier. Quand on connait son lecteur, en chair et en os, et en ce moment il a beaucoup de chair (oups, j'aurais pas du le dire), qu'est ce qui change ?  Je vois déjà poindre l'objection : "mais tu connais Lady "S" et ta relation n'a pas changé ! ". Oui, mais c'est pas le même chose et en plus maintenant elle est un tantinet accro aux blogs ! Pourquoi avoir des états d'âme ? C'est ridicule. Bon, eh bien avançons. 

Sven de Rennes, illustrateur, dessine ses p’tits mecs comme personne. Il a bien sûr son site, et depuis peu il vient d’ouvrir son blog et c’est très sympa. En plus il raconte en image comment il fait ses dessins, et moi j'aime. Quand vous aurez vu Robinson et Vendredi, nul doute qu’un séjour sur une ile vous tentera ! (et j’ai pas dit l’ile de la Tentation...). Non, je ne mets pas d'image pour vous mettre l'eau à la bouche. Vous cliquez sur les liens et vous verrez. En plus soyez sympa, c'est son anniversaire, ça lui fera plaisir.

J'avais oublié le coup des astronomes qui font et défont le système solaire. Va y avoir du boulot pour rectifier la chose. Pluton mourir que de rectifier l'erreur volontaire. Et cette foutue plaque, avec plein de choses nous concernant, qu'ils ont envoyé dans l'espace, il y a 25 ans je crois (*) , à destination des Extraterrestres, elle est fausse alors !
Par esprit de contradiction, je continue : Pluton est une planète, na !

Bon week-end à tous et vive Pluton !

mis en ligne 19:01, ajout PS. 21:09

PS . (*) voir précisions et lien image en réponse au commentaire 1 !

par lautremoi publié dans : le Quotidien
ajouter un commentaire commentaires (11)    recommander
Jeudi 24 août 2006

Je ne me suis pas sauvé, mais je ne suis pas très disponible en ce moment et du coup je n'ai pas écrit depuis quelques jours. J'ai quand même pris quelques minutes pour faire des petits tours sur vos blogs et y laisser parfois des commentaires.
En plus j'ai eu un peu la flemme, en rentrant un peu tard du boulot, pour me mettre dans l'écriture. Cela ne m'a pas empêché de faire mes courses et de constater que la capitale se remplit de nouveau : les vacanciers rentrent en nombre. Et moi je ne suis pas encore parti. Mais je peux constater que les mâles bronzés, encore en tenues légères malgré le temps incertain, sont craquants. En plus ils sont détendus, très aimables à coup de remerciements et de sourires ravageurs pour certains. J’adore ! Demain je recommence le slalom dans les rayons de Monop !


Sébastien ne sait pas encore quand il part. Il est pas en forme, ce qui est logique, et n’a pas un moral d’enfer. Il passe plusieurs fois par jour dans mon bureau comme une âme en peine et nous allons discuter cinq minutes devant un café, un chocolat, un verre d’eau. J’aime pas le voir comme ça, mais on n’y peut pas grand-chose. J’ai une grande tendresse (non, en fait je l’aime, mais à ma façon) pour ce grand gaillard qui me fait craquer. Je profite de sa présence, car quand il ne sera plus là, ça va faire un grand vide. Bon, il n’est pas utile d’être triste avant l’heure …


Quand nous déjeunons, il y a de temps en temps l’un de nous qui pose une question du genre « comment s’appellent les sept nains dans Blanche-Neige ? ». Ca occupe dix minutes et il en manque toujours un ! Et puis y’a toujours des blagues vaseuses et des jeux de mots glauques qui fusent et des fous-rires qui nous prennent. La dernière fois, c’était « les synonymes du mot argent, et les expressions associées ». Là, il est sûr que Audiard a fait beaucoup pour la diffusion du fric, du flouze, de la thune, de la fraiche, de touche pas au grisbi…. Non je ne vous donnerai pas toutes les réponses, car nos déjeuners s’alimentent régulièrement de nos trouvailles, même si en secret j’ai une liste qui frôle les cinquante lignes. C’est toute la beauté de notre langue, vivante et renouvelée, dans les mots familiers et argotiques. Je ne parle pas du vocabulaire grossier ou ordurier. D’ailleurs le problème du vocabulaire et des synonymes tient pour beaucoup au contexte dans lequel il est utilisé. Exemple du mot anodin « fille » : synonyme de demoiselle si elle sourit dans un salon et synonyme de putain si elle déambule sur le trottoir. Quel grand écart pour un mot si simple. (Pourquoi j’ai pris l’exemple du mot fille ? Parce que je l’ai trouvé dans un dico ! si, si, par hasard… il sont durs les machos du dico !).


Je croyais que ne je n’aurais vraiment pas ni le temps, ni le courage, d’écrire un post ce soir. Je m’étonne moi-même. Comment ça, je me lance des fleurs ?! Mais pas du tout, ou alors c’est que vous ne me connaissez pas. Je n’ai pas d’ego plus démesuré qu’un autre, je suis joueur de temps à autre et c’est très agréable.


Dialogue (idiot) entre R et moi
- Moi : Tu fais quoi ?
- R : Je compte les minutes.
- Moi : ??!!
- R : Ben oui, cette montre retarde.
- Moi : Change la pile, ça ira mieux. (j’vous jure, compter les minutes, il est pas bien)
- R : … euh, ouais, t’as raison. C’est certainement la pile. 

mis en ligne 20:50

par lautremoi publié dans : le Quotidien
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mercredi 23 août 2006

Vous souvenez-vous du sketch de Devos à propos de rien, de moins que rien, ...

Aujourd'hui, des presques riens qui ont émaillés la journée au point de faire de tous ces riens quelque chose ...

- Petit machin genre craker's : je trempe dans la tasse, la moitié y reste, et je jette ce breuvage devenu soupe n'importe quoi. (ça t'apprendra à tremper la prochaine fois)

- Café et deux touillettes : en voulant un supprimer une, l'autre vient avec, et dans un geste malheureux, la moité du breuvage saute sur mes chaussures.

- Je me tourne, j'attrape un dossier, l'autre glisse comme une savonette, le rattrapage foire, et tout est par terre !

- Ah c'est sympa ces légumes. Je prend la salière et hop le bouchon descend suivi du contenu ! Trop salé ? Non, c'était du poivre ! (si je tenais le crétin qui a interverti les bouchons ...)
  
L'après midi a été plus calme, car j'ai fait très attention à ne pas provoquer les choses qui m'entouraient.

Ce soir, je touche du bois (superstitieux, va !) rien à signaler. J'ai fait court, on ne sait jamais !


mis en ligne  23:15

 

par lautremoi publié dans : le Quotidien
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Lundi 21 août 2006

(in http://www.allocine.fr/film/fichefilm.html?cfilm=49148)

En 1958, l'île de Cuba est loin d'être un paradis. Le dictateur Batista oppresse le pays et asphyxie son peuple. Dans les champs de canne à sucre et les jungles perdues des montagnes de l'est du pays, les forces révolutionnaires M26 de Fidel Castro et d'Ernesto "Che" Guevara se préparent à marcher sur La Havane. Alors que les troubles agitent l'île, Fico Fellove dirige son club, El Tropico. Dans la tourmente, il se bat pour garder l'unité de son clan, et pour l'amour d'une femme. Fico ne voulait pas s'impliquer dans tout ce qui bouleverse son pays, mais le destin ne va pas lui laisser le choix.
El Tropico va devenir un monde déchiré de passions, d'idéaux politiques, où les rêves doivent apprendre à se battre pour survivre...

 
Dimanche soir. Je suis très mitigé sur ce film, ainsi que le pote qui est venu avec moi. Passont sur les quelques approximations historiques, qui ne gênent en rien l'histoire. Le montage alterné entre le Club et la Révolution donne un rytme pas évident. On retrouve des lenteurs. Les scènes sont bien tournées mais ces lenteurs changent le tempo du film. On est souvent en attente d'un moment fort. Même les scènes qui font basculer l'histoire (la famille éclate, morts violentes, amour perdu) n'apporte pas de surprise. La musique est honnête mais sans plus. Je suis sorti perplexe en sortant du ciné. Je ne vous dis pas d'aller le voir toute affaire cessante.
Et pourtant le sujet était bon. Mon pote est ressorti avec une moue et un "bof" qui en disait long.

On ne peut pas dire que je me suis énervé ce week-end.

mis en ligne : 20:08

par lautremoi publié dans : le Quotidien
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Vendredi 18 août 2006

Abréviations, acronymes et langage ‘SMS’

Pense-bête :

En Abréviations :
- Tel à Mme Trucmuche
- Rdv avec Ch.
- Voir expo, (bld Bonne Nouvelle)

En Acronymes
- Faire un tour à la FNAC
- Récupérer CB à la Banque
- Contacter FT
- Téléphoner à l’UNESCO
- Interroger le site de l’AFNOR
- Passer à la SNCF

En SMS
- c pa tout ca mais fo ke jme sov a+

Je comprends que certains aient du mal avec notre langue au quotidien.

Et c’est quoi la différence entre une Abréviation et un Acronyme ? Toutes ces abréviations et tous ces sigles ça veut dire quoi ? Hein ? Allez ! au boulot !
(Mais non, ce ne sont pas des devoirs de vacances !)


 

Bernard Rapp n’est plus. Inutile de rajouter des discours dithyrambiques aux hommages récents. Dans le paysage culturel en général, c’est quelqu’un que je regretterais et que j’aurais aimé rencontrer une fois.


 

Günter Grass : il a mis 60 ans à digérer. Que dire ? Que c’est long, qu’il aurait du, que c’est une honte, qu’il avait une responsabilité, etc…. Ben oui, mais ça c’est facile à dire. Sans excuser en quoi que ce soit ces actions ou ses pensées, il est des épreuves dans la vie où l’on fait comme on peut et non comme on veut. En tout cas, lire les deux excellents articles du Monde pour comprendre mieux cet écrivain et ne pas entendre seulement, que des jugements hâtifs et indignés balancés vite faits aux infos.

Articles :
Günter Grass : la tache sur mon passé, Interview du 16-08-06
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-803846,0.html

L'Allemagne et le retour du refoulé, par Daniel Vernet, le 17-08-06
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-804105,0.html

 

Bon week-end à tous

mis en ligne 17:35

par lautremoi publié dans : le Quotidien
ajouter un commentaire commentaires (9)    recommander
Mercredi 16 août 2006

Un long w-e et je décale tous mes horaires. Il suffit d'ailleurs de trois jours sans bosser pour que le phénomène surgisse. Hier, je me suis couché à 4h du matin. Je me suis quand même levé à 7h30 ce matin et je suis allé au boulot. Je suis rentré vers 18h et j'étais un peu fatigué. J'ai diné tranquillement, puis m'avisant qu'il me manquait quelques pitances pour demain matin, je suis ressorti à 22h pour faire des courses. Oui, je sais c'est tard, mais j'ai un Daily'Monop ouvert jusqu'à minuit. Cet horaire est un vrai pousse au crime du porte monnaie. Et maintenant j'écris un petit post.

Pourquoi je pense à Bertrand. Cela fait un peu moins de 2 ans que je n’ai pas eu de nouvelles. Bertrand peut maintenant apparaitre dans mes mails à tout moment. Bertrand est un charmant garçon qui comme les comètes traverse ma vie tous les 2 ans. Sa course dans mon ciel dure 2 à 3 mois, puis il disparaît. Mais pendant son séjour dans ma vie, c’est la bousculade. Je dois en prendre mon parti, puisque je tolère (je suis un peu maso) qu’il s’immisce dans mon calendrier. 

Quand je lui dit que c’est pas possible, que j’ai un autre truc en suspens, il a l’art et la manière de faire son coup de charme, de me prendre par les sentiments. Précision : il est hétéro et je n’ai jamais eu de relation avec lui, mais j’ai été très amoureux de lui il y a quelques saisons… Il doit encore avoir du pouvoir sur mon mental puisque je lui permets d’envahir mon esprit. Je ne serai pas contre un envahissement charnel, mais ce n’est pas le sujet ! (Dites, docteur, j’suis dépendant ou accro ?).

Bertrand a une forte propension aux délires, vu qu’il se fait copieusement chier suer dans son job. La dernière fois, sans prévenir, lors d’une fête débile, il s’est amusé à me présenter comme un mec plein de fric qui cherchait de bons investissements. Comme j’avais un peu de bulles dans la tête, je n’ai pas démenti formellement la chose, tout juste prétendu que Bertrand exagérait.

Donc Bertrand est délicieusement insupportable. Il a des rêves plein la tête et comme je suis un bon auditoire, il en profite largement. Moi je le suis, je me laisse embarquer dans son monde. Car il a une idée pour moi tous les 2 ans : ‘tu devrais lâcher ton job et faire de la déco intérieure’ ou ‘pourquoi tu quittes pas ton job et tu t’inscris pas dans un cours de théâtre ?’ .Je lui réponds qu’il ne fera ni déco, ni théâtre ni autre chose par procuration ! Car ce qu’il me propose, c’est ce qu’il a envie de faire, lui ! 

Maintenant, j’attends le mail fatidique qui foutra le bordel dans ma vie pendant 3 mois. J’ai une grande affection pour Bertrand et j’aime cette bousculade périodique. C’est devenu presque un rite.

Bon, mais qu'est ce qu'il attend pour m'envoyer son mail ?

mis en ligne 23:56

par lautremoi publié dans : le Quotidien
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Mardi 15 août 2006

C’est par ces termes que nous nommons un long week-end de quatre jours ! Et pendant un long w-e vous vous dites qu’on aura le temps de faire plein de choses. Vous plaisantez ! Il vous tombe une paresse infinie sur le dos. Donc vous sautez d’un livre à votre télé, de l’aspirateur à quelques rangements.

Ah, un peu de soleil : je sors et m'installe dans le square en bas de chez moi. Je suis assis sur un banc un bois vert, écaillé et taché par endroits de fiente sèche de pigeon. J’ai avec moi un livre de Paul Burston*. Je ne lis pas en continu. Les voix et le va-et-vient du square détourne mon attention. Deux mecs discutent en marchant. Ils ont l’air très complice mais pas au point d’imaginer entre eux autre chose qu’une solide amitié. Et pourtant ils sont assortis. Un ballon multicolore déboule dans mes jambes, suivi par un gamin tout blond aux yeux rieurs et à la bouille enjoué. La mère qui suit ventre à terre vient me bafouiller dans un sourire ‘pub dentifrice’ les trois mots d’excuse habituels. Je réponds d’un grand sourire compréhensif et je tourne la page de mon bouquin.

Il se fraya un chemin jusqu’à l’urinoir, déboutonna sa braguette et commença à pisser. Son soulagement était si grand qu’il posa le front contre le mur et poussa un long soupir de satisfaction. Une main lui frôla le dos et se glissa dans son pantalon. D’instinct, il voulut s’écarter, mais le nez collé à la paroi et les deux mecs qui l’encadraient rendaient tout mouvement impossible. Du coin de l’œil, il vit que les deux types avaient la queue à la main et ne semblaient pas du tout disposés à pisser.

Ma lecture est parfaitement décalée avec l’endroit où je me trouve. Si je lève le nez, je suis dans la verdure d’un square animé par des gens de tous âges et toutes natures. Si je replonge dans mon livre, c’est la nuit, au fond d’une boite homo, coincé avec trente mecs dans les chiottes du fond, un rien sordide. Et je me dis qui si ces gens savaient ce que je lis, ils prendraient un air désapprobateur, m’enverraient les mots bien sentis, évoqueraient la morale et que sait-je encore.

Il se reboutonna précipitamment, passa une main dans son dos pour ôter celle qui lui massait consciencieusement les fesses. Sauf que ce ne fut pas sur un bras que ses doigts se refermèrent mais sur une bite. Une très grosse bite. Très grosse et très dure. Malgré lui, il se mit à bander et se retourna pour voir son séducteur. Il avait une très belle gueule....

Je lève les yeux de mon livre et j’observe le square. J’imagine pour ces gens qui se promènent et bavardent, leurs vies, les turpitudes, leurs phantasmes, les choses enfouies, leurs sentiments, etc. La lumière baisse tout doucement. Je suis près de la sortie et je ne bouge pas encore de mon banc. Les gens sortent et me saluent de la tête, civilement et courtoisement. Car si je suis là, c’est que j’habite le quartier et que je suis donc un voisin. La mère et le petit garçon au ballon sortent à leur tour et m’adressent un bonsoir plus affirmé. Le square si animé se vide. Je me lève à mon tour, quand surgissent les deux mecs vus à mon arrivée. Ils discutent toujours à ce moment pour savoir s’ils dineront indien, japonais ou français. Je suis le dernier à sortir. Je rentre chez moi pour finir ma lecture.

Dans un grand moment de lassitude et de lâcheté je n’écouterai pas les infos. Les affaires du monde me font tellement bondir d’indignation que je vais lire mon bouquin, me vautrer dedans et imaginer qu’à l’extérieur, mieux que le square, nous vivons dans le meilleur des mondes !

Bonne petite semaine à tous, pour ceux qui travaillent ...

(*Sexe, amour et amitié, Paul Burston, 10x18, p118)

mis en ligne 23:48

par lautremoi publié dans : le Quotidien
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
 
referencer gratuitement sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus